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Comment financer un projet IA en Normandie ?

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Comment financer un projet IA en Normandie ?

Vous avez identifié un projet d’intelligence artificielle pour votre entreprise, mais vous vous interrogez sur son financement ? Bonne nouvelle : en Normandie, plusieurs dispositifs permettent de passer de l’idée à l’expérimentation, puis au déploiement d’une solution IA.

Encore faut-il identifier les aides adaptées à la maturité de votre projet. Subventions régionales, accompagnements Bpifrance, financements européens… Les possibilités sont nombreuses, mais leurs conditions et leurs objectifs diffèrent.

Pour aider les entreprises et organisations à s’y retrouver, Normandie Numérique a organisé, le 13 octobre 2026, un webinaire consacré au financement des projets d’intelligence artificielle.

Animée par Thibaud Jacquel, cette rencontre a réuni des représentants de la Région Normandie, de Bpifrance et des dispositifs européens, autour d’une ambition commune : faciliter l’émergence et la concrétisation des projets IA sur le territoire normand.

Financer un projet IA en Normandie : commencer par identifier ses besoins

Avant de rechercher une subvention, une question mérite d’être posée : le projet est-il suffisamment défini pour être financé ?

Pour de nombreuses entreprises, la difficulté ne réside pas uniquement dans le budget. Elle concerne aussi la disponibilité des données, l’identification des cas d’usage pertinents et la capacité à mesurer les bénéfices attendus.

Baptiste Marie, chargé de projet à la Direction de l’aménagement numérique de la Région Normandie, a rappelé l’importance de cette phase préparatoire.

La Région propose notamment un Diagnostic Data/IA, une prestation prise en charge permettant d’évaluer les données disponibles dans une organisation, d’identifier les freins à leur exploitation et de faire émerger des opportunités d’utilisation de l’intelligence artificielle.

Cette démarche s’inscrit dans les actions du DataLab Normandie, qui facilite les échanges entre porteurs de projets et experts de la donnée et de l’IA.

 

L’objectif est d’éviter de se lancer trop rapidement dans le développement d’une solution technologique sans avoir préalablement vérifié son intérêt opérationnel.

Une approche également défendue par Thibault Teissiere, représentant de Bpifrance Conseil, qui a présenté le Diag Data IA. Ce diagnostic permet aux entreprises, au cours d’une intervention de huit jours, d’identifier plusieurs cas d’usage et de les prioriser selon leur faisabilité, leur coût et leur valeur ajoutée.

Une première étape pour transformer des ambitions parfois générales en projets IA concrets et structurés.

Booster IA : jusqu’à 12 500 € pour expérimenter votre projet

Une fois le besoin identifié, reste à démontrer que la solution envisagée fonctionne réellement.

C’est précisément la vocation de Booster IA, un dispositif porté par la Région Normandie pour soutenir les preuves de concept, ou POC, en intelligence artificielle.

Présenté par Baptiste Marie, ce programme permet aux entreprises, associations, établissements et collectivités implantés en Normandie de tester des solutions innovantes dans un cadre collaboratif.

Booster IA peut financer jusqu’à 50 % des dépenses éligibles, avec une subvention plafonnée à 12 500 € HT, pour une expérimentation réalisée sur six mois. Le projet doit notamment faire intervenir au moins deux structures normandes.

Cette aide permet de limiter le risque financier associé à l’expérimentation avant d’envisager un déploiement plus important.

Les projets accompagnés témoignent de la diversité des usages possibles. Une start-up caennaise a ainsi travaillé sur l’amélioration d’un système de détection des chutes de personnes vulnérables, tandis qu’un projet de collectivité visait à optimiser les tournées de collecte des déchets grâce à l’IA.

Ces exemples illustrent une réalité : l’intelligence artificielle peut répondre à des problématiques très concrètes, bien au-delà du seul secteur technologique.

Pour les projets plus ambitieux, la Région mobilise également le Fonds européen de développement régional (FEDER), destiné notamment à soutenir l’innovation et la transformation numérique.

Ce dispositif peut accompagner des expérimentations intégrant des dépenses de personnel, de matériel, de logiciels ou de prestations intellectuelles. Le financement peut atteindre 80 % des dépenses éligibles, avec une aide minimale de 20 000 €, sous réserve des règles applicables à chaque projet et à son bénéficiaire.

Parmi les réalisations présentées, Baptiste Marie a évoqué l’association normande La Dame Blanche, spécialisée dans la prise en charge des animaux sauvages blessés. Son projet utilise les données collectées au fil des années pour développer des modèles prédictifs et améliorer les soins apportés aux animaux.

Un exemple qui démontre que l’innovation soutenue par ces financements peut aussi répondre à des enjeux environnementaux et sociétaux.

Consulter les conditions du dispositif Booster IA sur le site de la Région Normandie.

Bpifrance : accompagner les entreprises de la faisabilité au déploiement de l’IA

Lorsque le projet dépasse la phase d’expérimentation, les besoins évoluent. Il ne s’agit plus seulement de vérifier qu’une technologie fonctionne, mais de financer son développement et de réussir son intégration dans l’entreprise.

Guillaume Gibon, chargé d’affaires innovation chez Bpifrance à Caen, a présenté les possibilités de financement proposées aux entreprises développant des solutions innovantes.

Dans le cadre du plan national Osez l’IA, Bpifrance mobilise différents outils pour accompagner les projets de recherche et développement, soutenir leur faisabilité et favoriser leur industrialisation.

Certains appels à projets, notamment ceux inscrits dans France 2030, ciblent des solutions technologiques à fort potentiel dans des secteurs comme la santé, l’industrie ou la transition écologique.

D’autres dispositifs régionaux permettent d’accompagner des projets de R&D plus diversifiés, avec des possibilités de cofinancement aux côtés d’AD Normandie.

Mais le financement d’une technologie ne suffit pas toujours à garantir sa réussite.

Thibault Teissiere a ainsi insisté sur la nécessité d’accompagner les dirigeants dans la transformation de leur organisation.

Bpifrance propose notamment des missions de conseil pour définir une stratégie Data/IA, sélectionner les approches technologiques adaptées ou préparer une feuille de route opérationnelle.

Pour les entreprises souhaitant aller plus loin, les Accélérateurs IA offrent un accompagnement sur 18 mois associant formations, conseil individualisé et échanges entre dirigeants.

Cette dimension collective est essentielle : partager les expériences d’autres entreprises permet d’identifier les difficultés, de découvrir des solutions éprouvées et de mieux préparer la conduite du changement.

L’enjeu n’est donc plus simplement de financer un outil, mais de faire de l’intelligence artificielle un véritable levier de transformation et de compétitivité.

Financements européens : de nouvelles opportunités pour les projets d’intelligence artificielle

Le projet est cofinancé par l’Union Européenne dans le cadre du programme Digital Europe et soutenu par la Région Normandie via le FEDER

Les entreprises normandes peuvent également regarder au-delà des frontières régionales et nationales.

dihnamo innovation normandie

Benjamin Cheret, chargé de projet DIHNAMO chez Normandie Numérique, a détaillé les opportunités offertes par les principaux programmes européens.

Horizon Europe soutient les projets de recherche et d’innovation, généralement construits en collaboration avec plusieurs partenaires issus de différents pays européens.

Pour les entreprises développant des technologies ou des applications innovantes, ces financements peuvent permettre de rejoindre des projets de grande ampleur et d’accéder à de nouvelles compétences.

Le programme Digital Europe poursuit un objectif complémentaire, davantage orienté vers l’intégration et le déploiement des technologies numériques dans les entreprises et les services publics.

L’intelligence artificielle y occupe une place importante, aux côtés d’autres domaines comme la cybersécurité et le calcul haute performance.

Si ces programmes ouvrent des perspectives intéressantes, ils nécessitent généralement une préparation rigoureuse, notamment dans la recherche de partenaires et le montage administratif et financier.

Benjamin Cheret a toutefois attiré l’attention sur une possibilité moins connue : le financement en cascade (cascade funding).

Ce mécanisme consiste à redistribuer une partie des financements de projets européens vers de plus petites initiatives, notamment des expérimentations ou des développements technologiques.

Les démarches sont souvent simplifiées par rapport aux grands appels à projets, ce qui peut en faire une porte d’entrée intéressante pour les PME peu habituées aux dispositifs européens.

Au-delà de l’aide financière, participer à ces programmes peut également permettre aux entreprises de développer leur réseau, de trouver des partenaires stratégiques et d’accéder à de nouveaux marchés.

DIHNAMO : un accompagnement pour trouver les bons financements et partenaires

Face à la diversité des aides disponibles, identifier le dispositif pertinent peut rapidement devenir un défi.

C’est notamment pour répondre à ce besoin que Normandie Numérique intervient dans le cadre de DIHNAMO, le hub européen d’innovation numérique normand.

Comme l’a expliqué Benjamin Cheret, ce dispositif accompagne les entreprises et organisations publiques dans leur transformation numérique, depuis l’identification des besoins jusqu’à l’expérimentation de solutions innovantes.

Le parcours débute par un diagnostic de maturité numérique, permettant d’évaluer la situation de la structure, ses besoins et ses priorités.

Selon les résultats, l’organisation peut être orientée vers des actions de sensibilisation, des formations, des expertises techniques, des expérimentations ou un accompagnement à la recherche de financements.

Une précision importante a été apportée pendant le webinaire : DIHNAMO n’accorde pas directement de subvention pour financer les projets de ses bénéficiaires.

Il propose des services gratuits ou fortement cofinancés et facilite la mise en relation avec les organismes compétents, notamment la Région Normandie, Bpifrance et les acteurs des financements européens.

Cette logique d’accompagnement doit se poursuivre à partir de mars 2027 sous le nom annoncé de Normandie IH, avec un renforcement des services consacrés à l’intégration de l’intelligence artificielle et une mobilisation accrue des prestataires normands.

Cette approche rejoint pleinement la mission de Normandie Numérique : rapprocher les entreprises ayant des besoins numériques des expertises disponibles sur le territoire, afin de favoriser des projets innovants, réalistes et créateurs de valeur.

Découvrez les accompagnements IA proposés par Normandie Numérique.

Comment concrétiser votre projet IA en Normandie ?

Le principal enseignement de ce webinaire est qu’il n’existe pas un financement unique pour tous les projets d’intelligence artificielle.

Une entreprise qui souhaite identifier ses premiers cas d’usage n’aura pas les mêmes besoins qu’une structure cherchant à expérimenter une solution, ou qu’une start-up développant une technologie destinée à être commercialisée à grande échelle.

La réussite d’un projet IA repose avant tout sur la bonne articulation entre les besoins métier, la maturité du projet, les compétences mobilisées et les financements disponibles.

Les aides existent, mais elles doivent servir une démarche structurée plutôt que constituer une fin en soi.

En Normandie, les porteurs de projets peuvent s’appuyer sur un écosystème d’acteurs complémentaires pour identifier les dispositifs pertinents, construire leurs expérimentations et accompagner leur développement.

Retrouvez le replay du webinaire sur le financement des projets IA

Vous souhaitez connaître plus précisément les conditions des dispositifs présentés ou découvrir les réponses apportées aux participants ?

Retrouvez les interventions de Baptiste Marie (Région Normandie), Guillaume Gibon et Thibault Teissiere (Bpifrance), ainsi que Benjamin Cheret (Normandie Numérique).

▶ Voir le replay du webinaire « Les financements des projets IA » sur YouTube

Vous avez un projet d’intelligence artificielle et souhaitez identifier les accompagnements adaptés à votre organisation ?

Contactez Normandie Numérique pour échanger sur votre projet IA.

FAQ – Les questions posées pendant le webinaire

DIHNAMO peut-il accompagner des expérimentations IA menées avec des groupements d’entreprises ou des filières sectorielles ?

Oui. Benjamin Cheret a confirmé que DIHNAMO peut accompagner ce type de démarche, notamment lorsqu’il s’agit de projets d’expérimentation IA portés avec des groupements d’entreprises ou des acteurs sectoriels. L’accompagnement peut porter sur :

  • la structuration du projet ;
  • la recherche de partenaires ;
  • l’identification de terrains d’expérimentation ;
  • l’orientation vers les dispositifs de financement les plus pertinents.

En revanche, un point important a été rappelé : DIHNAMO ne cofinance pas directement les actions. Le dispositif intervient sous forme de services d’accompagnement.

DIHNAMO finance-t-il directement une prestation, un audit ou une expérimentation ?

Non. C’est un point clarifié pendant les échanges : DIHNAMO n’est pas un dispositif de financement direct. Son rôle consiste avant tout à proposer :

  • un diagnostic de maturité numérique ;
  • un accompagnement à la structuration du projet ;
  • une mise en relation avec les bons partenaires ;
  • une orientation vers les aides régionales, nationales ou européennes adaptées.

Autrement dit, DIHNAMO agit comme un facilitateur et un point d’entrée dans l’écosystème, mais ne prend pas directement en charge le financement d’une prestation.

Comment entrer dans le parcours DIHNAMO ?

Le point de contact présenté pendant le webinaire est Benjamin Cheret, côté Normandie Numérique. Le parcours expliqué est le suivant :

  1. remplir le diagnostic de maturité numérique ;
  2. recevoir un premier niveau d’analyse ;
  3. échanger avec l’équipe ;
  4. être orienté vers le bon accompagnement ou les bons partenaires selon les besoins identifiés.

L’entrée dans le dispositif se fait donc d’abord par un diagnostic, qui sert de base à l’orientation.

Dans le cadre d’un audit ou d’une étude menée pour un client, qui doit contacter DIHNAMO : le prestataire ou le client final ?

D’après la réponse apportée pendant le webinaire, c’est plutôt le client final qui doit se rapprocher de DIHNAMO. Pourquoi ? Parce que le dispositif n’intervient pas comme financeur d’une prestation portée par un prestataire. Il accompagne avant tout la structure bénéficiaire du projet, afin d’identifier :

  • ses besoins ;
  • les dispositifs mobilisables ;
  • les bons interlocuteurs pour un éventuel cofinancement.

Un prestataire peut bien sûr jouer un rôle de conseil, mais l’entrée dans le dispositif doit se faire côté client lorsque l’objectif est d’orienter un projet ou de rechercher des aides.

Les prestataires doivent-ils impérativement être normands ?

Dans le cadre de NORMANDIH, oui pour certains accompagnements. Benjamin Cheret a précisé que, dans le cadre de NORMANDIH, un appel à manifestation d’intérêt sera lancé pour recenser les prestataires mobilisables, notamment sur les sujets d’intégration de solutions IA. Dans ce cadre, les prestataires devront être normands. La formulation la plus juste pour la FAQ est donc la suivante :

  • pour certaines interventions prévues dans NORMANDIH, notamment autour de l’intégration de solutions d’intelligence artificielle, les prestataires devront être implantés en Normandie ;
  • les modalités précises seront communiquées dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt.

Comment intégrer le réseau de consultants ou de partenaires pour être identifié par Bpifrance ou DIHNAMO / NORMANDIH ?

Côté Bpifrance Guillaume Gibon a expliqué que le référencement peut se faire :

  • via des appels à manifestation d’intérêt réguliers ;
  • ou via un référencement progressif, notamment sur la base de missions déjà réalisées pour des clients.

Il a précisé que cela dépend des dispositifs et que l’examen se fait au cas par cas. Côté DIHNAMO / NORMANDIH Benjamin Cheret a indiqué qu’un appel à manifestation d’intérêt serait lancé d’ici la fin de l’année pour identifier les prestataires susceptibles d’intervenir dans le cadre du futur dispositif. La recommandation est donc de :

  • rester en veille sur les communications de Normandie Numérique et de la Région ;
  • ou reprendre contact directement avec les équipes si besoin.

Faut-il être une grande structure pour devenir consultant ou partenaire référencé ?

Non, pas nécessairement. Pour Bpifrance Guillaume Gibon a précisé que Bpifrance référence aussi bien :

  • des consultants issus de cabinets structurés ;
  • que des consultants indépendants.

Le référencement porte avant tout sur un profil et une expertise, plus que sur la taille de l’organisation. Pour DIHNAMO / NORMANDIH Benjamin Cheret a indiqué que le cadre n’était pas encore totalement arrêté, mais qu’a priori il n’y avait pas de frein à ce qu’une structure composée d’une seule personne soit recensée, dès lors qu’elle répond aux besoins identifiés. En résumé : il n’est pas nécessaire d’être un grand prestataire pour être identifié, à condition de disposer d’une expertise pertinente.